DPE projeté : de G à D pour 17 000 € au lieu de 36 000 €

Étude de cas DPE : passage d'un appartement de 47 m² de l'étiquette G à l'étiquette D après simulation et travaux ciblés

Écrit par Loïs

Anciennement chercheur en mathématiques appliquées, j'investis aujourd'hui tous mes efforts dans la compréhension du fonctionnement des bâtis, des matériaux et du DPE afin de conseiller au mieux les particuliers et investisseurs dans leurs projets.

17 juillet 2026

Marine est investisseuse en Moselle. Elle vient d’acquérir un appartement de 47 m² au dernier étage d’une petite copropriété d’après-guerre : murs en béton creux, chauffage 100% électrique, zéro isolation performante. Le diagnostic tombe. Étiquette G, 807 kWh/m²/an. Un DPE projeté va transformer radicalement sa stratégie de rénovation, et sa facture.

Objectif impératif : atteindre la classe D avant l’interdiction de location des passoires thermiques. Elle consulte deux entreprises générales de rénovation. Les devis arrivent autour de 40 000 €. Elle les relit. Elle recompte. Elle envoie le tout à Rénovation Optimale pour un plan de rénovation.

Soixante-douze heures plus tard, elle reçoit une simulation personnalisée. Bilan final : 17 000 € de travaux, classe D validée par un diagnostiqueur.

Cet article retrace chaque étape de cette analyse : pourquoi les premiers devis étaient surdimensionnés, quels travaux ont été retenus ou écartés et sur quelle base, et ce que ça change concrètement pour la rentabilité d’un investissement locatif.

1. Le point de départ : un G pas comme les autres

Première chose à comprendre : tous les biens classés G ne se ressemblent pas.

La lettre, G, est qualitative. Elle dit que le logement consomme beaucoup trop. Mais elle ne dit pas à quelle distance tu es du seuil de la classe D, ni quelle quantité d’efforts il faudra pour y arriver. Pour ça, il faut regarder le chiffre derrière la lettre : la consommation d’énergie primaire exprimée en kWh/m²/an.

L’appartement de Marine affichait 807 kWh/m²/an. C’est un G profond. C’est aussi un bien tout électrique dans un immeuble ancien sans isolation : les leviers d’amélioration sont nombreux, et chacun peut produire un gain significatif.

Ce que cela signifie concrètement dans le cas de Marine : atteindre la classe D sans travaux lourds allait demander de sélectionner les bons postes dans les bonnes proportions et de façon fine.

Le contexte du bien :

  • Appartement de 47 m², dernier étage
  • Petite copropriété de 4 à 5 lots, immeuble d’après-guerre en béton creux
  • Chauffage 100% électrique : étiquette énergétique G à 807 kWh/m²/an, étiquette climatique C
  • Localisation : Moselle

L’objectif de Marine :

Éviter l’interdiction de location en atteignant la classe D. Pas d’ambitions au-delà : une décision d’investisseuse, rationnelle et chiffrée.

2. Les premiers devis : 36 000 € pour des travaux peu pertinents et calibrés pour la classe B

Les deux entreprises générales consultées proposaient sensiblement les mêmes travaux :

  • Pompe à chaleur (PAC)
  • Isolation des murs par l’intérieur, épaisseur 14 cm de laine de verre
  • Remplacement de deux fenêtres doubles vitrages anciens par un double vitrage récent.
  • VMC
  • Isolation du plafond par insufflation de laine soufflée dans les combles non aménagés

Sur le papier, la liste paraît cohérente. En pratique, ces travaux auraient permis à Marine d’atteindre la classe B. Ce n’était pas son objectif. Et ça coûtait 36 000 €.

Trois problèmes majeurs ressortaient de l’analyse.

Problème 1 : la PAC ne servait pas l’objectif

Une pompe à chaleur est excellente pour le DPE. Son coefficient de performance lui permet de démultiplier l’énergie utile par rapport à l’énergie consommée, ce qui fait baisser massivement la consommation en énergie primaire.

Mais sur ce bien, elle n’était pas nécessaire pour atteindre D. La simulation le montrait clairement : avec les autres postes de travaux, la classe D était accessible sans PAC. La PAC était le poste qui permettait de monter vers C ou B, pour un surcoût considérable et des contraintes techniques et administratives importantes.

Sur un appartement au dernier étage d’une petite copropriété, installer une PAC nécessite l’accord de l’assemblée générale (le genre de projet qu’on soumet à l’AG de printemps pour espérer un vote à l’automne, si tout se passe bien). Long, incertain, et pour un équipement dont Marine n’avait strictement pas besoin pour atteindre son objectif.

Problème 2 : le remplacement des menuiseries est le pire rapport coût/amélioration DPE

Le double vitrage de Marine avait 20 ans, avec une lame d’air de 10 mm. Ancien, certes, mais parfaitement étanche et sans défaut : aucune infiltration d’air, isolation phonique correcte, joints en bon état. Rien ne justifiait techniquement de les changer.

Passer à un double vitrage récent (lame de 20 mm remplie à l’argon ou au krypton, le standard actuel) n’aurait fait gagner que 2 ou 3 kWh/m²/an au DPE, pour plusieurs milliers d’euros de travaux. Un rapport coût/amélioration DPE catastrophique.

C’est un point sur lequel les investisseurs se trompent presque systématiquement : remplacer un double vitrage ancien par un double vitrage récent ne fait quasiment jamais bouger le DPE. Le gain est marginal, quel que soit le logement. La croyance inverse (largement entretenue par les fabricants et les entreprises générales) coûte des dizaines de milliers d’euros à des propriétaires qui pensaient faire un investissement DPE rentable. Le passage du simple au double vitrage est déjà plus intéressant (même s’il reste limité), pas le renouvellement d’un double vitrage fonctionnel déjà en place.

Problème 3 : le coût structurel des entreprises générales

Une entreprise générale de rénovation, c’est pratique : un interlocuteur unique, une coordination centralisée. C’est aussi, structurellement, plus cher qu’un artisan indépendant.

Ces entreprises portent des coûts fixes importants : marketing, secrétariat, maîtrise d’oeuvre, masse salariale de permanents. Ces charges se répercutent dans les devis, mécaniquement. Un micro-entrepreneur ou une très petite structure n’a pas ces coûts, ou dans des proportions bien moindres.

Pour des travaux sur un périmètre limité et bien défini comme ceux de Marine, le recours à des artisans indépendants était une option tout à fait adaptée, à condition de savoir les sélectionner.

3. Le DPE projeté : choisir le juste nécessaire

L’analyse a été livrée à Marine en 72h. Elle a débouché sur une stratégie en deux volets : optimiser les travaux eux-mêmes, et optimiser la sélection des artisans.

Ce qu’on a gardé

Deux postes du devis initial étaient pertinents et ont été retenus :

  • L’isolation des combles non aménagés par insufflation de laine soufflée. C’est l’un des postes à meilleur rendement sur ce type de bien : efficace, peu invasif, et les gains thermiques sont immédiats car la chaleur monte.
  • La VMC. Dès lors qu’on améliore l’étanchéité d’un logement, la ventilation devient indispensable. Ne pas la poser, c’est créer des problèmes d’humidité et de qualité d’air à court terme.

Ce qu’on a supprimé et remplacé

La PAC a été écartée. À sa place : des radiateurs électriques à inertie labellisés NF** ou NF***. Moins performants sur la note DPE que la PAC, mais suffisants pour atteindre D, sans contrainte de copropriété, sans son coût d’installation, et sans maintenance à prévoir (facilitant grandement la gestion locative).

L’épaisseur d’isolation des murs recommandée par les entreprises générales (14 cm) a été révisée à la baisse. Le DPE projeté montrait que 10 cm sur les murs principaux, et 75 mm sur les espaces restreints où poser davantage est techniquement contraignant, suffisaient à atteindre la classe D.

Pourquoi ? Parce que les premiers centimètres d’isolant sont ceux qui génèrent les gains thermiques les plus importants. Passer de 0 à 10 cm, c’est un gain massif. Passer de 10 à 14 cm, c’est un gain marginal pour un surcoût réel en matériaux, en temps de pose, et en surface habitable perdue. C’est un principe que j’explique en détail dans mon article sur l’épaisseur d’isolant et dans celui sur le coefficient U.

Cette décision a aussi une conséquence directe sur la rentabilité : 4 à 8 cm d’isolant en moins sur tous les murs d’un appartement de 47 m², c’est des mètres carrés habitables préservés. À la location comme à la revente, c’est des milliers d’euros de gains.

Trouver des artisans compétents à prix maîtrisé

La simulation ne s’est pas arrêtée à la liste des travaux. Une part du travail a porté sur la stratégie de consultation des artisans.

Principe : contourner les entreprises générales et consulter directement des artisans indépendants ou des très petites structures. Les coûts de structure sont moindres, les devis s’en ressentent.

Choisir un artisan moins cher ne signifie pas accepter une qualité inférieure. Une série de questions-tests a été transmise à Marine pour évaluer la compétence de chaque artisan sollicité : questions sur les produits utilisés, les méthodes de pose, les points de vigilance spécifiques à ce type de paroi et à ce type de bâtiment. La compétence se vérifie. Elle ne se devine pas.

4. Les résultats du DPE projeté : classe D validée, 19 000 € économisés

Classe D obtenue après travaux. Montant total des travaux : 17 000 €.

L’économie par rapport aux devis initiaux : 23 000 €, soit 57% du budget prévu (alléluia).

Sur un appartement de 47 m² en Moselle, passer de G à D permet de se positionner sur la partie haute du marché locatif local, avec des loyers potentiellement supérieurs de plus de 100 € par mois à ceux d’un bien encore classé passoire thermique, à condition de valoriser la performance énergétique et la rénovation dans l’annonce.

Voici ce que Marine a laissé sur Trustpilot :


Ce que l’étude de cas de Marine illustre, c’est qu’un DPE G n’est pas une sentence. C’est un point de départ. Et entre « atteindre D avec les travaux strictement nécessaires » et « rénover sans simulation préalable parce que l’artisan a coché toutes les cases », il y a souvent 20 000 € d’écart, parfois davantage.

Le DPE projeté ne remplace pas les travaux. Il permet de décider lesquels réaliser, dans quelles proportions, et avec quels artisans. Dans le cas de Marine, cette analyse a divisé le budget par 2,3 tout en atteignant exactement l’objectif fixé.

👉 Découvrir le service DPE Optimal

Ces articles pourraient vous intéresser

0 commentaires