DPE 6 octobre 2026 14 min de lecture

Simulation nouveau DPE : votre étiquette a peut-être déjà changé

L'essentiel à retenir

  • Au 1er janvier 2027, le facteur de conversion appliqué à l'électricité dans le calcul du DPE passe de 1,9 à 1,7. Environ 300 000 logements quitteront les classes F et G sans aucun travaux.
  • Un DPE établi jusqu'au 31 décembre 2026 garde l'étiquette calculée avec l'ancien facteur. Rien n'est recalculé automatiquement : il faut aller télécharger l'attestation de changement d'étiquette, gratuite, sur l'observatoire de l'ADEME.
  • Seuls les logements qui consomment de l'électricité sont concernés. Le gaz, le fioul et le bois gardent un facteur de conversion de 1,0 et leur étiquette ne bouge pas d'un pouce.
  • Une baisse de coefficient ne réchauffe aucun logement et ne fait baisser aucune facture. Un bien qui passe de G à F le 1er janvier 2027 est strictement identique à ce qu'il était la veille.

Votre DPE date de 2022, il affiche un F bien rouge, et vous vous apprêtez à chiffrer des travaux. Avant de décrocher le téléphone, sachez que ce document ne dit plus forcément la vérité sur votre logement. Pas parce que le diagnostiqueur s’est trompé, mais parce que la règle de calcul a changé sous vos pieds. Deux fois depuis 2021, et une troisième fois le 1er janvier 2027. Une simulation nouveau DPE, c’est-à-dire un recalcul de votre étiquette au barème en vigueur, vous dira où vous en êtes réellement.

L’écart n’est pas théorique. Au 1er janvier 2027, le facteur de conversion appliqué à l’électricité passe de 1,9 à 1,7, et environ 300 000 logements sortiront des classes F et G sans qu’un seul coup de marteau ait été donné. Votre étiquette peut donc être meilleure que celle imprimée sur le document que vous avez sous les yeux, sans que personne ne vous ait prévenu.

Cet article retrace les réformes du DPE depuis 2021, détaille ce qui change exactement en 2027, et explique les deux méthodes pour vérifier votre note, selon que vous avez des travaux en tête ou non. Avec une nuance que les articles d’actualité oublient systématiquement : un logement qui sort du G par arithmétique reste exactement aussi froid qu’avant.

1. Simulation nouveau DPE : de quel « nouveau » parle-t-on ?

Quand on parle de simulation nouveau DPE, la première difficulté est de savoir de quel « nouveau » on parle. L’expression traîne depuis 2021 et désigne, selon l’interlocuteur, trois choses différentes.

À l’origine, le nouveau DPE est celui issu de la refonte du 1er juillet 2021 (arrêté du 31 mars 2021). Cette réforme a tout changé : abandon de la méthode sur factures au profit de la méthode conventionnelle 3CL-DPE 2021, apparition de la double étiquette énergie et climat, disparition du DPE vierge, et surtout opposabilité du diagnostic, qui le rend juridiquement attaquable par l’acquéreur ou le locataire.

Mais depuis, trois textes sont venus modifier le calcul sans refondre la méthode. Et c’est précisément ce qui crée la confusion : votre DPE peut avoir été réalisé avec la « bonne » méthode 2021 tout en affichant une étiquette calculée sur des paramètres périmés.

2. Les réformes du DPE depuis 2021, dans l’ordre

Voici la chronologie complète, celle qui détermine si votre document est à jour ou non.

Date d’effet Ce qui change
1er juillet 2021 Refonte complète : méthode 3CL-DPE 2021, double étiquette énergie et climat, fin du DPE vierge, opposabilité juridique. Si votre DPE est antérieur à 2021, il n’est plus valide.
1er juillet 2024 Seuils d’étiquette modulés pour les logements de 40 m² ou moins, et « surface habitable » devient « surface de référence ». Environ 140 000 petits logements sortent de F et G.
1er janvier 2026 Facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire : 2,3 devient 1,9
1er janvier 2027 Facteur de conversion de l’électricité : 1,9 devient 1,7. Et apparition de la mention A0

Le point à retenir : un même logement, sans aucun travaux, peut être calculé sur quatre barèmes différents en six ans. Si votre diagnostic a été établi avant une de ces dates, il porte l’étiquette de son époque, pas celle d’aujourd’hui.

La réforme de juillet 2024 mérite une mention particulière pour les petites surfaces. Elle corrige un biais de la méthode : la consommation d’eau chaude sanitaire, rapportée au nombre de mètres carrés, pénalisait mécaniquement les studios et les T1. S’y ajoute un effet de forme, car un petit logement présente proportionnellement plus de murs et de toiture en contact avec l’extérieur, donc plus de déperditions par m². À isolation et équipements strictement identiques, un studio ressortait ainsi avec une consommation au m² plus élevée qu’un grand logement, et donc une moins bonne lettre. Les seuils ont été relevés pour les logements de 40 m² et moins, d’autant plus haut que la surface est petite.

Courbe des seuils d’étiquette DPE pour les logements de 40 m² ou moins, comparés à l’ancienne grille unique
Chaque courbe est une frontière entre deux classes. En pointillés rouges, l’ancienne grille, identique quelle que soit la surface. Sur un 15 m², la frontière E/F est passée de 330 à environ 420 kWhEP/m²/an : à consommation inchangée, le logement remonte d’une lettre. L’écart se resserre à mesure qu’on approche des 40 m², où les deux grilles se rejoignent.

Si vous possédez un petit locatif diagnostiqué entre juillet 2021 et juillet 2024, c’est la première chose à vérifier : environ 140 000 logements sont sortis du statut de passoire thermique grâce à cette seule correction.

3. Simulation nouveau DPE 2027 : le coefficient électrique passe à 1,7

Le changement le plus important est acté. L'arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, abaisse le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité de 1,9 à 1,7, à compter du 1er janvier 2027.

Le mécanisme est purement arithmétique. Le DPE ne note pas votre consommation réelle en kilowattheures sortis du compteur, il note votre consommation en énergie primaire, c’est-à-dire l’énergie qu’il a fallu mobiliser en amont pour vous livrer ce kilowattheure. Chaque kWh d’électricité consommé était compté 2,3 kWh primaires jusqu’en 2025, 1,9 depuis janvier 2026, et sera compté 1,7 à partir de janvier 2027. Les combustibles, eux, ne bougent pas : gaz, fioul, bois et réseaux de chaleur gardent un facteur de 1,0.

Concrètement, pour un logement tout électrique, la consommation affichée au DPE baisse d’environ 10,5 % d’un coup. Selon les estimations ministérielles reprises par la presse spécialisée, environ 300 000 logements quitteront les classes F et G à cette seule occasion.

Trois précisions qui changent tout, et qui sont rarement dites :

  • Un DPE établi jusqu’au 31 décembre 2026 reste calculé avec 1,9. Il n’y a pas de recalcul rétroactif automatique de la base de données
  • Un logement chauffé au gaz, au fioul ou au bois ne bouge pas d’un pouce. La réforme ne concerne que l’électricité
  • Même tout électrique, votre lettre peut ne pas changer. Tout dépend de votre position dans la plage de votre classe. À 450 kWh/m²/an, perdre 10,5 % vous laisse confortablement en G

C’est exactement ce que permet de trancher une simulation nouveau DPE : remplacer le « peut-être » par un chiffre.

4. La mention A0 : le haut du barème se dédouble

L’autre nouveauté du 1er janvier 2027 est passée beaucoup plus inaperçue. Une ordonnance du 11 juin 2026, qui transpose la directive européenne du 24 avril 2024 sur la performance énergétique des bâtiments, crée la mention A0, réservée aux bâtiments à émissions nulles.

Les critères sont cumulatifs et stricts : il faut afficher une étiquette A ou B, et recourir exclusivement à des énergies renouvelables produites sur site ou à proximité, sans aucune installation de chauffage ou d’eau chaude fonctionnant aux énergies fossiles.

Autant le dire franchement : dans l’habitat existant, cette mention concernera une poignée de logements. Elle vise d’abord le neuf et les rénovations très lourdes. Si vous arbitrez des travaux sur une maison des années 70, la mention A0 n’est pas votre sujet (et viser la classe A à tout prix est rarement une bonne idée, nous l’avons détaillé dans notre article sur la classe A ou B). Elle a néanmoins un effet indirect : elle déplace la référence du « très performant » vers le haut, et le DPE affichera des pictogrammes plus visibles pour les systèmes à énergies renouvelables.

5. Simulation nouveau DPE : les deux façons de vérifier votre note

Il y a deux façons d’obtenir votre note sous le nouveau barème : attendre le document officiel, ou faire le calcul vous-même. La première donne une pièce opposable, la seconde donne la réponse tout de suite.

L’attestation officielle de l’ADEME, à partir de janvier 2027

Vous voulez simplement savoir ce que votre étiquette devient sous le nouveau barème, avec un document opposable à l’appui. Bonne nouvelle, c’est gratuit et c’est officiel. Moins bonne nouvelle, il faut attendre le 1er janvier 2027 : l’attestation qui intègre le facteur 1,7 ne sera délivrée qu’à l’entrée en vigueur de l’arrêté. D’ici là, l’observatoire ne recalcule qu’avec 1,9 (voyez la méthode suivante pour obtenir le chiffre dès maintenant).

L’arrêté du 19 août 2026 institue une attestation de changement d’étiquette, téléchargeable gratuitement sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Elle remplace l’étiquette initiale, reste valable jusqu’à l’échéance du DPE d’origine (la réforme ne prolonge pas la durée de validité, nous l’expliquons dans notre article sur la durée de validité du DPE), et s’applique aussi aux audits énergétiques en cours de validité.

Un point mérite d’être souligné, parce qu’il fait toute la différence : cette attestation n’est pas automatique. Personne ne vous l’enverra. Sans démarche de votre part, votre DPE reste valable avec son étiquette d’origine, celle que verront vos acquéreurs ou vos locataires. Il faut aller la chercher.

Pour cela, il vous faut le numéro ADEME à 13 caractères de votre diagnostic. Si vous ne l’avez plus sous la main, notre outil de recherche de DPE par adresse le retrouve dans la base publique, et notre article sur la méthode détaille la procédure pas à pas. Notre page Mon étiquette 2026 recalcule ensuite gratuitement votre étiquette aux règles en vigueur, à partir de ce seul numéro : aucun compte, aucun crédit (c’est cadeau).

La simulation nouveau DPE à la main, pour avoir le chiffre tout de suite

L’attestation ne sera téléchargeable qu’une fois l’arrêté entré en vigueur. D’ici là, et pour qui veut comprendre ce que le calcul fait vraiment plutôt que d’attendre un document, la simulation nouveau DPE se fait à la main en deux étapes. Comptez cinq minutes, votre DPE sous les yeux.

Pour un agent immobilier ou un investisseur, l’exercice garde son intérêt après janvier 2027 : il montre où se loge la sensibilité d’un bien au barème, ce qu’aucune attestation ne dira.

Étape 1. Repérez les consommations en énergie finale des postes électriques.

Allez page 3 de votre DPE, au tableau « Montants et consommations annuels d’énergie ». Chaque ligne affiche la consommation en énergie primaire, puis entre parenthèses et en gris la même consommation en énergie finale, notée « é.f. ». C’est cette valeur grise qu’il vous faut, et uniquement sur les lignes marquées Électrique.

Tableau des consommations page 3 d’un DPE, les quatre postes électriques encadrés en rouge pour une simulation nouveau DPE à la main
Sur ce DPE réel, quatre postes sont électriques : chauffage d’appoint (1 061 é.f.), refroidissement (16), éclairage (132) et auxiliaires (187). Les lignes GPL sont à laisser telles quelles.

Les lignes au GPL, au gaz, au fioul ou au bois ne bougent pas : pour ces énergies, le facteur de conversion vaut 1,0, donc énergie finale et énergie primaire sont égales. Vous le voyez directement sur la capture, où le chauffage au GPL affiche « 9 429 (9 429 é.f.) », deux fois le même nombre.

Étape 2. Reconvertissez l’électricité à 1,7, puis rapportez le tout à la surface.

Additionnez les valeurs en énergie finale des postes électriques, multipliez la somme par 1,7, puis ajoutez les consommations des autres énergies sans y toucher. Sur ce DPE :

  • Électricité : 1 061 + 16 + 132 + 187 = 1 396 kWh é.f., soit 1 396 × 1,7 = 2 373 kWhEP
  • GPL : 9 429 + 1 993 = 11 422 kWhEP, inchangés
  • Total : 2 373 + 11 422 = 13 795 kWhEP

Reste à diviser par la surface, que vous trouverez page 1 du DPE.

Encadré de la première page d’un DPE avec la surface habitable encadrée en rouge, deuxième étape d’une simulation nouveau DPE
La surface à utiliser est celle du DPE lui-même, pas celle de l’acte de vente ni celle de l’annonce. Sur les DPE établis depuis juillet 2024, elle s’appelle « surface de référence ».

13 795 ÷ 68,45 = 201 kWhEP/m²/an, contre 213 affichés aujourd’hui sur ce DPE. Et c’est ici que l’exemple devient instructif : les seuils de la grille nationale placent la frontière C/D à 180 et D/E à 250. Ce logement était en D, il reste en D. Il gagne 12 kWh/m²/an et pas une lettre.

Deux raisons à cela, et elles valent pour beaucoup de biens. D’abord l’électricité ne représente ici que 19 % de la consommation : un logement chauffé au GPL profite peu d’une réforme qui ne touche que l’électricité. Ensuite ce DPE affiche une étiquette climat en D, et la lettre finale retenue est toujours la plus mauvaise des deux. Même en descendant la consommation sous 180, ce logement resterait classé D à cause de ses émissions.

C’est tout l’intérêt de faire le calcul plutôt que d’espérer : il vous dit en cinq minutes si la réforme vous concerne ou pas.


Vous voulez voir à quoi ressemble le document avant de vous engager ? Nous envoyons gratuitement un exemple complet de DPE projeté, avec l’état initial, les scénarios de travaux chiffrés et les classes atteintes.


6. Ce qu’une simulation nouveau DPE ne vous dira jamais

Il faut dire les choses clairement, parce que c’est exactement là que la communication officielle devient trompeuse. Le DPE ne mesure PAS le confort thermique. C’est la distinction la plus ignorée du marché, et une réforme de coefficient ne fait que l’aggraver.

Un logement qui passe de G à F au 1er janvier 2027 est strictement identique au 31 décembre 2026. Mêmes murs non isolés, mêmes ponts thermiques, même sensation de paroi froide en février. Votre facture d’électricité ne baissera pas d’un centime, puisque vous consommez toujours le même nombre de kilowattheures réels. Seule la convention de conversion a bougé.

La réforme a une logique défendable : le mix électrique français est très peu carboné, et un coefficient élevé pénalisait le chauffage électrique sans justification physique forte. Mais elle produit un effet de bord qu’il faut assumer. Des logements réellement médiocres sur le plan thermique vont redevenir louables sans avoir été améliorés. Si vous êtes bailleur, c’est une contrainte réglementaire qui se desserre. Si vous êtes locataire, c’est un logement froid qui reste légal.

Pour un propriétaire qui arbitre, la conséquence pratique est simple : ne confondez pas « sortir d’une contrainte réglementaire » et « avoir un logement confortable ». Ce sont deux projets différents, avec deux budgets différents. Si votre logement reste classé G malgré le nouveau coefficient, notre article sur les travaux à engager sur un DPE G détaille les leviers qui comptent vraiment et ceux qui sont largement surestimés.

7. Questions fréquentes sur la simulation du nouveau DPE

Mon DPE va-t-il changer automatiquement en 2027 ?

Non. Votre DPE reste valable avec son étiquette d’origine jusqu’à son échéance. Pour faire reconnaître la nouvelle étiquette, il faut télécharger l’attestation de changement d’étiquette sur l’observatoire de l’ADEME. C’est gratuit, mais c’est une démarche volontaire.

La baisse du coefficient électrique fait-elle baisser ma facture ?

Pas d’un euro. Le coefficient est une convention de calcul qui traduit des kilowattheures consommés en kilowattheures d’énergie primaire. Votre consommation réelle, celle que votre fournisseur facture, est inchangée.

Un logement chauffé au gaz est-il concerné ?

Non. Le facteur de conversion des combustibles (gaz, bois, fioul) vaut 1,0 et ne change pas. Seuls les logements dont le chauffage, l’eau chaude ou les auxiliaires consomment de l’électricité voient leur étiquette évoluer, et l’effet est proportionnel à la part d’électricité dans leur consommation.

Faut-il refaire un DPE pour bénéficier du barème 2027 ?

Non, et c’est même à éviter. Un nouveau diagnostic repart de zéro et coûte plusieurs centaines d’euros. L’attestation gratuite de l’ADEME suffit pour un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021. Payer pour une simulation nouveau DPE n’a de sens que si elle intègre des scénarios de travaux.


Le DPE que vous avez dans un dossier n’est pas une donnée stable : entre la refonte de 2021, la correction des petites surfaces de 2024 et les deux baisses successives du coefficient électrique en 2026 puis 2027, un même logement se lit sur quatre barèmes différents. La première étape avant tout chiffrage ne coûte donc rien : établir où vous en êtes réellement, par le calcul dès aujourd’hui ou par l’attestation de l’ADEME en janvier.

Reste la question que ni l’une ni l’autre ne traite : où pouvez-vous aller. Elles vous disent votre position, pas votre marge de manœuvre, et c’est pourtant là que se jouent les montants. Sur un logement tout électrique classé F et proche du seuil, le passage à 1,7 peut suffire à valider le E, auquel cas engager 12 000 € d’isolation pour y arriver devient une dépense sans objet. Sur un logement au gaz, la réforme n’apporte rien et le plan de travaux reste intégralement à faire. Une simulation nouveau DPE intégrant les travaux est ce qui sépare ces deux situations, avant de signer un devis plutôt qu’après. Le cas de Grégoire résume le coût de l’étape sautée : 7 000 € engagés au doigt mouillé, une seule classe gagnée, tout à refaire.

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